Auteur photographe

Animée par des sujets comme les relations familiales et humaines, la place de la femme et son rapport au corps, à la sexualité, à la maladie, à la mort, j’utilise l’appareil photo comme outil pour prendre conscience, une photographie instantanée comme protection émotionnelle, un art martial pour faire barrière à la douleur et saisir les choses qui m’échappent, prendre le dessus et avancer, malgré tout. En tant qu’auteur photographe j’ai une approche instinctive, un besoin boulimique d’empoigner les sensations pour mieux les sentir, d’en faire des images pour mieux les accepter.

Photographe croix Rousse

« Ceux-ci et cela »

Projection de photographies et montage sonore, travail de fin d’étude, 2013

Durée : 4 min  

« Photographier c’est prendre conscience. Voir, me voir avec les autres ; me faire violence à partager. Sortir de cette carapace et de ces habitudes nocives, si ancrées parce qu’on a pas appris à se laisser aimer, tardivement.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas donné d’espace, je m’appliquais à reproduire, et produire comme on voulais que je le fasse. J’ai commencé à photographier mon entourage par nécessité, comme si derrière la barrière émotionnelle qu’est l’appareil photo, je me rassurais ; à la fois de ma présence et de cette position transparente – mais réconfortante dans les moments douloureux. Le projet s’étale sur une année. Une dernière année douloureusement belle à l’école, et surtout ailleurs, où les épreuves se sont succédées et tout a fini par imploser.

Enregistrer c’est photographier ce que j’entends. Je vole des bribes de conversation, des bruits, des sons qui m’interpellent. Je prends ce que l’on veut bien me donner ou je chope la vie au passage. Anticiper les phrases qui expriment mes sensations, mais qui, trop réfléchies et trop travaillées dans mon esprit, finissent par sonner faux. Plus j’appuyais sur le bouton rouge, plus j’avais envie d’imprimer les échanges, ces intimités partagées au coin du feu qui me bouleversait, hors du groupe, entre nous. Les garder, grands trésors et petites déceptions figées qui renforcent la mémoire, et, de loin en loin, nous raffinent. Donnez-moi vos mots, ils sont si justes.

Ce sont les intensités qui comptaient ; âpres et pesantes. Ces moments qui donnent la larme à l’oeil, qui s’imposent, que l’on se doit d’accueillir ; délaissant les armes et la pudeur, me laissant entre les mains de l’autre sans que je m’en aperçoive. Ceci, ceux-là. Ces mélo-drames d’une banalité déconcertante que je dois mettre à distance, mes sauveurs que je tente d’aimer, pudiquement, puis les empoigner, les conquérir pour ne jamais les oublier.

Une tentative de me projeter, dans cette foutue réalité qui m’échappe, de lutter contre une mémoire malade et un corps trop froid pour enlacer l’autre. La photographie m’adoucie. J’existe lentement, mais j’existe quand même. La photographie m’aide peut-être à exister plus pleinement.

J’essaye de capter les sensations qui me submergent, et naïvement, de me rencontrer. »

C.

 » Timidement, je reprends l’appareil. Je ne sais plus comment on se place, comment le tenir dans la main, à quel moment déclencher. C’est comme une première fois. Tout doit être fluide, et pourtant je suis fébrile, pudique, vierge.

On s’assoit, on regarde les péniches. On s’embrasse.

Je clique une ou deux fois de trop, pour remplir l’espace et cacher l’hésitation. Arrêter de douter, c’est ça la clé. J’ai cette foutue sensation de ne pas être à ma place, de lutter pour retrouver l’aisance de photographier. Et malgré tout, je dois me réconcilier avec mon appareil.

Tout m’échappe mais il se passe bel et bien quelque chose.
Alors on se dit que c’était un bel après-midi, que la lumière était belle et qu’on va se revoir. C’est bon de retrouver l’inspiration ! » Lyon, 2014. 

Photographe Lyon

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